mardi 25 octobre 2011

Sono mondiale

Je le dis haut et fort : je n'aime pas le jazz. Enfin, je l'ai dit haut et fort pendant longtemps. Il fut même un temps ou je disais « je déteste le jazz ». Maintenant je nuance. J'ajoute que je n'ai rien contre. Que cela dépend des circonstances. Avec le temps -de là à dire avec l'âge, de là à dire que c'est une musique de vieux- j'apprécie un peu mieux le jazz.

Une exception cependant : depuis que je connais Mulatu Astatke, c'est à dire depuis la sortie du film Brocken Flowers en 2005, en effet, je ne suis pas, contrairement à certains de mes amis, une pionnière de la découverte de la musique éthiopienne ; ainsi donc, depuis que je connais Mulatu Astatke : je l'aime.

C'est pourquoi je suis allée le voir au Grand Mix le 30 septembre, et pas seulement parce que c'était gratuit pour les abonnés. Je suis même arrivée trop tard pour le pot, et pas seulement par snobisme.

La première partie, Imperial Tiger Orchestra, était très bien. Ils ont tenu la promesse de leur nom, même si les musiciens ressemblaient plus à Philippe Laville qu'à Indiana Jones (et puis les tigres vivent en Asie, pas en Afrique).

Quand Mulatu Astatke a commencé à jouer, les premières notes ont suffi pour entrer dans une atmosphère seventies trépidante. Un petit air de maraude dans une ville endormie, au volant d'une voiture longue et souple. Mulatu Astatke, petit bonhomme écureuil, s'active sur son xylophone, il porte un pull en jacquard dans lequel il doit littéralement crever de chaud. Il prend la parole de temps à autres, on n'y comprend pas grand chose mais il a l'air content et c'est bien.

Mulatu Astatke a étudié très jeune la musique au Royaume-Uni et a créé un mix entre jazz occidental et musique traditionnelle éthiopienne. C'est pour ça, j'imagine, qu'il faut parler d'éthio-jazz, et non de jazz éthiopien ("éthio-jazz", j'ai lu ça quelque part, mais je trouve ça assez moche comme nom). C'est un son vraiment particulier, porté par d'autres musiciens comme Mahmoud Ahmed ou Getatchew Mekurya, chez qui on retrouve les mêmes rythmes, la même fluidité, la chaleur des cuivres... Cette musique a une couleur bien à elle, qu'on reconnaît instantanément.

Le concert était super, dans l'ensemble, malgré quelques passages un peu longs : les moments où chaque musicien fait le instrument-héros. Le trompette-héros était époustouflant, par contre, le violoncelle-héros... je n'oserais pas dire qu'il jouait mal, mais en tout cas, ça ne sonnait pas super, et cette partie-là était plutôt chiante. C'était le bon moment pour aller faire le plein d'essence. C'est peut-être juste à ça que servent les solos interminables du jazz.


lundi 17 octobre 2011

Celle de trop

La première fois que j'ai vu Experimental Tropic Blues Band, c'était après un groupe que j'avais trouvé excellent, alors je ne les avais pas adoré. La deuxième fois, j'étais malade. Je brûlais, mais pas pour eux. Je n'en garde pas un mauvais souvenir pour autant. La troisième fois aurait dû être la bonne. C'était vendredi à l'aéronef, au club. Toutes les conditions étaient réunies... Mais c'était pas bien. Surtout le lendemain du concert de C. W. Stoneking, la comparaison est trop raide.


Un concert brouillon, avec un son horrible. La musique en elle-même était moins bien que d'habitude, plus grunge, moins dansante, moins Cramps, moins Gun Club. Et les quelques reprises étaient des massacres. Notamment sur la fin, Pussy Stank d'André Williams, un carnage... sans parler des gens qui sont montés sur scène pour ajouter leur touche poisseuse à cette interprétation déjà médiocre (j'avais d'abord écrit minable, j'hésite).


C'est franchement dommage, parce que le groupe a une bonne base. Le blond a une belle voix, à la Jeffrey Lee Pierce. Le brun est un peu plus trash, mais il a une bonne présence, et ils sont capables de faire de super morceaux. Mais avec des blagues à deux balles et une musique qui ne roule plus comme avant, Experimental Tropic Blues Band est en train de franchir la frontière qui le séparait de la catégorie rigolo-rock. C'est bien, ils pourront jouer au festival rire et rock, mais j'irai pas (ça tombe bien, me diront-ils, ils n'ont pas besoin d'une connasse qui fait la gueule dans un coin).