lundi 31 mai 2010

Avec un peu de retard...

Quelques mots sur les quelques concerts que j'ai vus ces dernières semaines, et que je n'ai pas pris le temps de chroniquer.

Il y a eu Kitty, Daisy and Lewis, André Williams, the King Khan and BBQ Show, Spectrum... et tant d'autres dont j'ai oublié les noms et les visages.

Le 24 avril (si je me souviens bien), rendez-vous à la salle des fêtes d'Aulnoye-Aymeries. La salle a peut-être un autre nom, mais celui-ci lui va bien. Il y avait comme ça un petit festival auréolé d'une foire aux disques, où c'était tellement serré dans les bacs qu'on pouvait rien regarder, et d't'façons, quand on regardait et qu'on voyait les prix, on avait comme ça un petit sursaut tellement tout était cher. C'est ça quand les vendeurs de disques se regroupent. C'est pas les prix braderie, ils savent ce qu'ils vendent, les cochons.
Bref. Pour commencer très en retard, il y a eu les Caezars. Un groupe d'anglais avec des vrais gueules d'anglais (grandes oreilles, grandes dents, yeux trop rapprochés. Le Prince Charles, vous connaissez ?) qui jouait du rockab comme des américains. C'était tellement américain qu'on aurait dit la Belgique. Je ne dis pas ça pour les blagues. Ni parce que le chanteur avait une guitare qui n'était pas branchée. Juste une affaire de style.
C'était pas mal, cela dit. Ils se sont bien démerdés. Le chanteur a un certain charisme, il se donne bien. Le batteur est le beau gosse de la troupe. Il n'a pas l'air trop consanguin. Ca restait quand même très bateau.

Après ça, Kitty Daisy and Lewis. Les trois nommés sont les enfants. Maman est à la contrebasse, papa à la guitare, et les enfants, bien dressés, s'échangent avec une certaine virtuosité les multiples instruments disposés sur scène (banjos, percus, guitares, clavier, harmonica...).
Je dois dire qu'à la première chanson, j'ai commencé à flipper : c'était complètement faux, avec un gros problème de rythme. Je me suis dit "v'là donc le groupe de studio qui ne sait pas jouer en live". Heureusement, ça s'est arrangé par la suite, au moins musicalement. Les filles ont des voix magnifiques, un peu rauques, et elles envoient bien. Les mélodies sont super, les chansons inoubliables. Par contre, sur scène, tout ce petit monde à l'air de bien se faire chier, ça manquait un peu de fluidité et de laisser aller. A vrai dire, je les ai trouvé tristes à voir. Kitty, Daisy et Lewis se concentrent à fond sur leurs instruments, et je me demande où est le plaisir là dedans. Le regard des parents doit peser bien lourd sur leurs épaules. Et puis à leur âge (entre 16 et 20 ans), ça doit être chiant de partir en tournée avec ses vieux.
J'ai eu donc cette petite déception sur le moment, mais étrangement, je garde un bon souvenir du concert... Sans pour autant être restée pour le troisième groupe.

Le 1er mai, il y avait André Williams à la cave aux poètes. Ça faisait sacrément plaisir de revoir ce vieux bougre, c'était assez inespéré en voyant l'état dans lequel il était lors de sa tournée de début 2008. Il y a donc de l'avenir pour la désintox.
Dédé, accompagné des Goldstars, était vraiment très touchant dans son costume en satin rouge. Je dois dire que pour l'instant, c'est le meilleur concert que j'ai vu cette année. Vraiment excellent. Je ne sais pas à quoi ça tient, mais il y avait une réelle intensité, un truc incroyable. On sent que quand il chante "let me put it in", il le veut vraiment. C'est fort.

Le 13 mai, petite virée à Bruxelles pour voir The King Khan and BBQ Show, Black Lips et The Almighty Defenders, au festival botanique.
Ayant tourné pendant un moment pour me garer, je suis arrivée à la fin du King Khan and BBQ show. De toute façon, pour ce que j'en ai vu, mes adorés n'étaient pas à leur place sur la grande scène de l'orangerie. Ils ont besoin d'un cadre un peu plus intime.
Black Lips a joué après eux. Et c'est apparemment pour eux que le public de teenagers s'était déplacé. Bon, je ne vais pas en faire une tartine, mais j'ai détesté. Trop pop. Trop niais. Trop chiant. Beurk. Horrible.
A la fin de leur set, les Black Lips sont allé enfiler des robes de moines, et sont revenus avec King Khan et Marc Sultan, pour former les Almighty Defenders. Et c'était vachement mieux. Une bonne moitié du public avait disparu, et on pouvait respirer. Je ne sais pas vraiment pourquoi King Khan s'allie avec ces petits péteux, mais bon, c'est pas mon problème. Le groupe qui en résulte sonne beaucoup plus King Khan que Black Lips, et c'est tant mieux. King Khan m'a bien fait rire quand il a annoncé une chanson en disant "this song is dedicated to the Pope... "He Touch Me" ! " La chanson n'était pas inoubliable, mais bon, c'est pas si grave.
J'ai bien aimé les Almighty Defenders, mais sans plus, ça tenait quelque peu de l'autopersuasion, je ne voulais pas me dire que je m'étais déplacée pour rien. La soirée, au final, était assez décevante. Les concerts très courts, pas de rappels, tout semblait chronométré. C'est l'effet festival. C'est dommage.

Le 19 mai, je suis allée voir Spectrum à la Knitting Factory à Brooklyn. J'y suis pas allée exprès, je vous rassure. En première partie, il y avait Vacant Lots, suivi de Cheval Sombre. C'était chiant comme la pluie. Tous les groupes. Mais je vais faire un peu dans le détail.
Vacant Lots. Un groupe d'intros. Vous voyez une intro comment s'est fait ? Une musique qui commence et on se dit que ce qui va suivre va être super ? Et quand rien de suit et que ça continue toujours pareil ? Ben on est frustré. Du rock progressif qui ne progresse jamais, c'est chiant. Surtout quand on est en plein décalage horaire et qu'on a 6 heures de plus dans le corps que sur la montre. Ce groupe nous fait ressentir à peu près 12 heures de plus. Des morceaux longs et répétitifs, avec énormément de réverb sur la voix, une voix monotone qui chantait toujours pareil. Et chaque morceau se terminait par un interminable larsen. Bravo les mecs. C'était super.
Après ça, Cheval Sombre, c'était une sinécure. Nan. C'est pas vrai. C'était pire. Le chanteur de spectrum au clavier accompagnant un chanteur-guitariste acoustique. Genre auteur compositeur interprète mélancolique mou et déprimant. Ça appelait à sortir profiter de la douceur de la nuit de Williamsburg.
Je suis quand même rentrée pour voir Spectrum, qui a achevé de m'achever. Quel potentiel, j'ai envie de dire. Mais quelle frustration. Des intros, que des intros. Voilà ce qu'ils nous ont offert, les salauds. Juste au moment où ça monte, bim, c'est la fin du morceau et on passe à autre chose. Honnêtement, ce sont d'excellents musiciens, et qui aime le style aurait été ravi. On peut leur faire honneur et qualifier leur musique de planante. Mais moi, je n'avais pas envie de planer, mais de rocker. C'est bête, hein. Il n'y a qu'à la fin où ils se sont lâchés un peu. Mais il faut quand même dire qu'ils se sont totalement chiés dessus avec leur reprise de Ghost Rider. Encore une fois, bravo les mecs, c'était super.

D'autres concerts ne valent pas la peine d'en parler, comme ce Honkey Tonk BBQ, à la Public Assembly à Brooklyn. C'était presque plus jazz que rockabilly, c'était à mourir d'ennui. Heureusement, dans la back room, il y avait du grind core. Personne n'a compris pourquoi. Mais ça permettait de mettre un peu de grind dans son rockab à papa, et du rockab dans son grind. Bref. Ce soir là, il valait mieux rester près du barbecue.





dimanche 18 avril 2010

Un long mercredi soir de fiançailles

C'était au Pit's avec Hipbone Slim and the Knee Tremblers, Sir Bald and his Crown Toppers et The Kneejerk Reactions. Trois groupes avec les mêmes mecs, dans les mêmes rôles. Avec des répertoires un peu différents, certes, mais bon, pas tellement. Si j'avais fait un peu attention, si j'avais lu les CV de ces gens avant d'y aller, je l'aurais su, bien sûr, j'aurais su aussi que le batteur a joué avec les Milkshakes et Holy Golightly, et que dans la bande de Billy Childish, on est super fort pour trouver des nouveaux noms de groupes tout en faisant à peu près toujours la même musique, mais moi, je suis pas du genre à me documenter, préparer les concerts, faire des fiches et écouter les myspace. J'aime bien les surprises. Et j'ai toujours de la tendresse pour Voodoo Rhythm alors j'y vais les yeux fermés.
J'ai un album d'Hipbone Slim and The Knee Tremblers (Have Knees, Will Tremble), dont l'histoire de l'acquisition est peut-être plus intéressante que le concert en lui même. C'était chez le disquaire Born Bad à Paris, il y a trois ou quatre ans. Dans le magasin il n'y avait que le vendeur, un type, et moi. Le type parlait avec le vendeur et j'essayais de ne pas entendre leur conversation, toute à mes achats. A un moment, j'ai quand même entendu le vendeur qui disait "t'embête pas la jeune fille, Daniel" et il a répondu "ah non, mais je regarde ce qu'elle achète et je trouve qu'elle a bon goût". Quand je suis passée à la caisse, il m'a regardée et m'a dit "t'es riche ?" J'ai dit que, euh, non, que j'étais pas à plaindre mais que, euh... "bon, t'es riche ou pas ?" il a insisté, j'ai répondu un "non" plus franc, alors il a dit "bon, je te paye un de tes disques". Le vendeur a dit "t'es sûr Daniel ?" Il a dit oui. J'ai vu ses manches, des bras bleus d'un tatouage uni. Il a demandé quel était le disque qu'il me payait, et c'était cet album de Hipbone Slim and the Knee Tremblers. Il a dit "ah, c'est bien, c'est un bon disque." J'ai payé les autres, je suis partie, il ne m'a pas suivie.
Dans la soirée, j'ai raconté ça à des amis. Il m'ont fait décrire le type. C'était Daniel Darc. Si je faisais des fiches, je l'aurais reconnu.

Mais revenons à ce concert.

Hipbone Slim est aussi Bald Diddley. Ce qui veut dire que c'est un type chauve avec la guitare de Bo Diddley. Ils ont commencé le concert avec des trucs un peu rockab sans grand intérêt, suivis par des morceaux surf garage beaucoup plus intéressants. Ça s'est gâté quand ils ont fait monter un saxophoniste sur scène. C'est devenu totalement chiant et ringard, j'avais l'impression d'être à un mariage. Hipbone Slim est monté d'une octave, et ça craignait sacrément. Ils ont terminé le premier set là dessus et j'étais bien anxieuse pour la suite.
Mais finalement ça a été. Ils sont revenus avec leur répertoire surf garage, qui ne cassait pas des briques mais permettait de danser quand même. C'est sûr qu'ils n'ont pas un charisme de dingue, et qu'ils ne sont pas très inventifs, mais ils jouent bien et pour une fois le son était correct, sans larsen ni saturation.

Pour tous les concerts de merde avec un son pourri qu'on a pu voir au Pit's, je trouve que c'était pas si mal. Une bonne petite soirée sans prétention.

lundi 22 mars 2010

The Fleshtones ! The Fleshtones !

Décider de courir à Calais pour voir les Fleshtones le 12 mars, c'était avoir la foi en la possibilité de passer une bonne soirée... C'était d'un optimisme naïf, presque touchant.

On est arrivés pile à l'heure. On a pris nos tickets, et comme on était sûrs, mais certains, que les Bellrays joueraient en premier, on a filé à la friterie pour voir ce que ça dit les frites à Calais, découvrir leurs sauces et, pour certains, leur cervelas ou la brochette-pro. La patronne a pris son temps, elle discutait pantalons de sudation avec une autochtone. On a bouffé nos frites pas assez cuites dans la bagnole, tranquillement. Et puis on s'est dirigés, repus, heureux, prêts à rocker, vers la salle, et là, on a entendu les Fleshtones. Les frites ont commencé à danser dans nos bides. Merde. On a tout raté.

Il a fallu montrer la papatte à l'agent cynophile qui gardait l'entrée de la salle Gérard Philippe, passer le contrôle du sac et le contrôle du ticket, pour enfin entrer dans cet endroit horrible au son monstrueux, mais avec sur scène les magnifiques Fleshtones, c'était au moins ça.

Les Fleshtones, pour ce que j'en ai vu (15 minutes), étaient en forme, et ils ont donné de leur personne pour ce concert. En descendant sans arrêt dans le public, ils ont fait flipper les deux armoires à glace au visage figé qui encadraient la scène (ils empêchaient les gens d'y poser leur verre ou leur manteau, on n'a jamais vu ça). Avec de longues transitions psychédéliques entre les chansons, les Fleshtones savent se faire applaudir, et ils le méritent.

Vraiment, je ne comprends pas pourquoi les Fleshtones ont joué en première partie. Les Bellrays sont tellement moins bons. Il y a dix ans, les Bellrays étaient plus garage. Enfin, c'est le souvenir que j'en ai. Là, j'avais l'impression d'être à un concert de Tina Turner qui aurait viré au hard rock. Des solos de guitares chiantissimes, trop de notes trop de notes arrêtez de jouer autant de notes c'est monstrueux on dirait Van Halen. Et avec ça, le son était trop fort, les bouchons d'oreilles étaient indispensables pour s'en sortir sans dégâts auditifs. Protégeons nos oreilles pour pouvoir encore écouter de la bonne musique. Et pas pour s'emmerder avec les Bellrays.

Alors, le son affreux, plus le service d'ordre disproportionné, je ne crois pas que je me taperai encore la route pour aller voir un concert à Calais. Sympa, les gars, mais non merci.

jeudi 4 mars 2010

Mercredi punk rock

Hier soir, je suis allée voir les Ashtones et The DeRellas à la chimère.

Le bruit ne m'a pas dérangée.

lundi 22 février 2010

Een avond in Antwerpen

Jeudi 11 février, virée à Anvers pour the King Khan and BBQ Show, au Trix Musiekcentrum.

Imaginez une MJC dans un quartier industriel. Une grande avenue balayée par la neige, en bordure de ring. Quatre lillois et une quarantaine de flamands (et pas des flamands en quarantaine, même si l'endroit pourrait faire office de pavillon abandonné). Statiques parce que pas encore assez bourrés pour bouger leurs jolis culs au son incroyable de King Khan... Une ambiance post-industrielle pour le décor, mais plutôt détendue et agréable... les gens ne dansaient pas, mais ils ne faisaient pas non plus la gueule comme des parisiens (c'est aussi pour ça que j'ai préféré aller à Anvers qu'à Paris pour voir King Khan et BBQ).

Point n'est besoin pour moi de dire encore à quel point j'aime ce groupe, à quel point j'adore King Khan, même s'il n'arrête pas de grossir et que le téton qui dépasse de sa robe bleue à paillettes commence à prendre une forme vraiment triste, comme un vieux gant de toilette qui pendouille au bord d'un lavabo.

Magnifique concert malgré les problèmes de son et l'apparente lassitude de King Khan et Marc Sultan. On voit qu'ils traînent un peu les pieds, mais ils assurent quand même à fond pour la musique, avec leurs chansons super accrocheuses, simples et stupides. Et ils gardent pas mal d'humour pour porter des costumes hilarants et raconter des conneries entre les chansons.

Je n'aurais décemment pas pu rater ce concert, et je n'ai vraiment pas été déçue. Vivement la prochaine fois. Open the door, come on in, and let the animal party begin.


lundi 1 février 2010

Maximum Booga Wooga

Deux fois n'est pas non plus coutume, même à une semaine d'intervalle : Jeudi dernier, il y avait encore un concert à la maison des étudiants de Lille 1. Cette fois, c'était Tony Truant qui s'y collait, avec ses Deux Solutions. Apparemment pas le groupe d'origine, mais s'ils ne l'avaient pas dit, je ne l'aurais pas su : je n'avais pas révisé avant de venir. Mais maintenant je puis l'affirmer : le bassiste était des Deux Solutions, le batteur non (paraît qu'il était de la Mano Negra, mais il y avait tellement de monde là-dedans...).

Tony Truant, ex-guitariste des Dogs, actuel guitariste des Wampas, a aussi joué avec les Fleshtones. Et ici, il chante.

Ce n'est vraiment pas le genre de qualité que je loue habituellement sans ironie, mais Tony Truant est vraiment un mec sympa, tout comme ses deux acolytes. Ou en tout cas ils en ont l'air. Ils ont joué sans se démonter sur la scène ridicule de ce qu'il convient d'appeler une cafète d'étudiants, et ont répondu poliment non quand des étudiants éméchés leur ont réclamé du Nirvana. Tony Truant est un vrai gentleman. Et c'est pas sa chemise à poids qui dira le contraire.

Un rock garage direct et élégant, juste ce qu'il faut de travaillé et d'accrocheur. Des chansons en français, simples et stupides, qui ne se la jouent pas poète maudit du rock'n roll, mais plutôt bon vivant un peu destroy, et tout ça sans le côté potache des Wampas. J'aime.



Découvrez Tony Truant!





mercredi 27 janvier 2010

Aloha from Villeneuve d'Ascq

Jeudi dernier, il y avait les Sweet Hollywaiians à la maison des étudiants de Lille 1. Ça, c'est de l'improbable.

Des japonais tirés à quatre épingles qui reprennent les classiques de la musique folk hawaïenne. Discrétion, élégance et virtuosité. Et avec le sourire, tant pis si ça fait mal aux doigts.

Chaleureux et soporifique, un petit air de sieste sous les cocotiers, en plein hiver sur le campus de la fac de sciences. Aloha...


jeudi 14 janvier 2010

Suicide collectif d'oreilles en hommage à Jim Jones




Hier soir, il y avait The Jim Jones Revue à la Boîte à Musique à Wattrelos, et j'imagine que ça s'entendait de loin. J'avais pourtant un bon souvenir du concert des Fleshtones dans cette salle, en juin dernier. Mais hier, le son était trop fort et saturé, la balance mal faite. Surtout au début. On entendait à fond la basse et la batterie, et ça faisait vraiment rock à papa, bien ringard. Après ça s'est arrangé, heureusement, on a pu entendre un peu mieux le clavier-fou, pièce maîtresse du groupe.

La plupart des titres sont des resucées de Little Richard ou Jerry Lee Lewis. Un peu redondant, pas très inventif, mais quand même une bonne énergie.
Le chanteur est sympa mais n'a pas un grand charisme. Il a essayé plusieurs fois de nous faire chanter et taper dans les mains, et ça, alors ça, mais ça m'énerve ! Je ne suis pas venue voir Guignol, je n'ai pas envie de lui crier de faire attention, et tout comme je n'aime pas l'art participatif, je n'aime qu'on me dise ce que je dois faire à un concert. C'est au groupe de se démerder pour que l'ambiance monte, et c'est la musique qui doit le faire, pas les réclamations du chanteur. On n'est pas au club med, on n'a pas besoin d'un gentil organisateur qui nous dit de lever les genoux plus hauts. Enfin, c'est mon avis, je sais qu'il y a des gens qui aiment ça, ça les rassure de savoir quoi faire à quel moment, ça leur fait croire qu'ils ont une relation privilégiée avec le chanteur.

Bref. Revenons à Jim Jones Revue. A mon cœur défendant, je suis un peu déçue de ce concert, tant j'avais aimé leur show au Grand Mix en février 2009, et tant j'avais milité autour de moi pour leur promotion dans le cercle des bons groupes qui déménagent. Mais si je me rejoue le concert vierge de tout a priori, alors je suis quand même contente, c'était un bon mercredi soir.

lundi 4 janvier 2010

2010

Rock'n roll New Year !

Pour ce faire, quelques dates de concerts :

13 janvier : Jim Jones Revue à la Boîte à Musique à Wattrelos

4 février : Banane Metalik / Peter Pan Speedrock à la Boîte à Musique à Wattrelos

11 février : The King Khan and BBQ Show au Muziekcentrum Trix à Anvers (J'espère qu'entre temps, ils seront programmés un peu plus près de Lille...)

23 février : Bob Log III à la péniche du pianiste à Lille (les Nuits de l'Alligator)

25 février : The Magnetix à la Lune des Pirates à Amiens (les Nuits de l'Alligator)

12 mars : The Fleshtones / The Bellrays, salle Gérard Philippe à Calais

jeudi 3 décembre 2009

Sex Beat and French Cuisine

French Beat and Sex Cuisine, Kid Congo and the Pink Monkey Birds, c'était hier soir à l'Alcatraz à Roubaix. Et c'était génial ! Encore mieux qu'il y a trois ans, au Mondo Bizarro.

Certes, Kid Congo n'est toujours pas un grand chanteur, mais il a le mérite d'être un excellent guitariste, et de savoir bien s'entourer. Et pour cause ! Les morceaux sont souvent longs, très instrumentaux et sacrément planants. Entre rock'n roll, psyché, blues et surf, on se retrouve très vite parcouru de spasmes involontaires et on crie "I'm cramped !" Hommage oblige à Lux Interior sans qui Kid Congo (dixit lui-même) n'aurait pas été là, et nous non plus. Et puis au Gun Club avec, dès le troisième morceau, une magnifique reprise de Sex Beat (l'une de mes chansons préférées du monde entier).

Kid Congo and the Pink Monkey Bird n'est pas un groupe absolument original ni absolument inventif, mais ce qu'il fait, il le fait à merveille. Kid Congo Powers joue un peu au dictionnaire de citations du rock'n roll (par exemple, la pochette de son disque "Bad English", copie conforme de "Broken English" de Marianne Faithfull), mais en le voyant sur scène, on sent qu'il le fait avec humilité, toujours en train de remercier ceux à qui il fait ses clins d'œil admiratifs. Alors que lui-même ne manque pas de talent. Ce drôle de petit bonhomme a joué avec le Gun Club, les Cramps, et Nick Cave and the Bad Seeds. Je ne sais pas pourquoi il a autant changé de groupe, peut-être qu'il voulait être le front-man et qu'il ne pouvait l'être dans aucune de ces formations (on ne peut pas le blâmer, comment lutter contre Lux Interior ou Nick Cave ?) mais je préfère penser à lui comme à un électron libre, plutôt qu'à un jaloux avide de reconnaissance.

Enfin voilà. Je divague un peu sur le personnage, qui est fort intéressant, et peut-être que j'aurais pu lui poser ces questions s'il s'était montré dans le bar après le concert, mais non. Je ne crois pas que j'aurais osé de toute façon. Et le mystère est souvent mieux que des explications minables.

Bon, sinon, en première partie, il y avait Tiny Legs Tim. Dès que j'ai entendu sa voix, j'ai su qu'il était belge (un truc dans l'intonation, qui rappelle à fond Deus, Venus, Zita Swoon, etc). Je ne suis pas restée plus de trois chansons, il me faisait trop penser à l'un des remplaçants qui venaient à mon école maternelle quand Roger, l'instit, était malade. Ce remplaçant (qui n'avait d'autre nom que "Le Remplaçant") venait toujours avec sa guitare et nous chantait quelques tubes extraits du Diapason Rouge. Faute d'Yves Duteil, Tiny Legs Tim a un répertoire blues : on sait comment ça commence, comment ça finit, et même comment c'est au milieu, même pas besoin de l'ouvrir. C'est dégueulasse ce que je dis, parce qu'apparemment, c'est un bon musicien, il connaît bien son truc, mais bon, quand on vient pour du rock'n roll, on n'a pas trop envie et on fait un tour au bar en attendant la suite. C'est vicieux, mais c'est comme ça.

jeudi 26 novembre 2009

Zombie Clubbing

Vendredi dernier, il y avait Punish Yourself aux 4 écluses à Dunkerque. J'avais déjà vu Punish Yourself (en juin à la maison des enfants à Lomme, dans le cadre du festival Chicon Gratin) et j'étais vraiment très contente de remettre ça.

Que dire sur leur musique... ? C'est un mélange de métal, indus, hard-core, électro, drum'n bass, glam... ça fait beaucoup et pas grand chose. A vrai dire, leur musique en elle-même m'intéresse assez peu. Je trouve seulement que l'ensemble se tient, même si certains pensent qu'ils ne vont pas assez loin, dans aucun des styles. Moi, je m'en fous, je n'ai pas de référence dans tout ça, je déteste le métal, alors je suis bien contente qu'il n'aillent pas à fond là-dedans, ni dans leur musique, ni dans leur décorum. Oui, parce que bon, moi, je n'ai aucune envie d'aller voir des gros balourds avec des longs cheveux noirs ondulés et une barbichette.

Ce que je préfère dans leur musique, ce sont leurs moments glam, qui sont sexy sans être dégoulinants, plus Jad Wio que T-Rex. Le chanteur a alors une voix très proche de celle de Peter Murphy (Bauhaus). Et ce style s'accorde parfaitement avec la théâtralité de la mise en scène.

Parce que c'est vraiment ça qui est excellent chez Punish Yourself : le SHOW. Des néons, des lasers, de la peinture corporelle fluorescente, des torches enflammées, du bondage... Vous me direz ok, Ramstein fait ça aussi, et alors ? Alors, le truc qui est vraiment génial chez Punish Yourself, c'est que le spectacle est hyper drôle aussi et ça vient complètement contrecarrer le côté malsain de la musique. L'autre fois, il y avait un danseur zombie-chippendale, avec des chaps et un chapeau de cow-boy. Cette fois-ci, il y avait une zombie pom-pom-girl. On est plus dans la série Z que dans le gore. Le chanteur a une gestuelle fantastique, digne d'une vraie reine du disco.

C'est un show et une ambiance pleine de petits détails entre drôles, trash et sexy. Loin du mal être adolescent du métal, il y a un esprit bon enfant dans cette mise en scène. Un lâcher-prise jouissif.

Voilà, c'est dit.

mercredi 18 novembre 2009

Second Round

Hier soir, les Digger and the Pussycats ont rejoué au Pit's, comme annoncé la dernière fois. Vous me direz, quel intérêt d'y retourner ? C'est à dire que la première fois, j'y suis allée toute seule, et cette fois-ci, j'ai ramené des copains. Voilà l'intérêt.

Cette fois, Digger and the Pussycats étaient en première partie de Sonic Chicken 4.

Ils étaient beaucoup plus calmes, Sam et Andy... Un peu fatigués de leur tournée ? Le public (plus ou moins le même que la dernière fois) était sensiblement le même, mais sensiblement moins sensible à l'humour des deux loulous. Plusieurs de leurs vannes lourdingues sont tombées à l'eau, ils avaient l'air désolés mais compréhensifs (Excusez nous, on croit qu'on est drôles mais on n'est pas drôles). Était-ce le calme du mardi soir ? Va comprendre. La bière, en tout cas, n'a pas autant jailli que la dernière fois, où elle était partout, sauf dans les verres (ou presque).

Qu'importe, ce deuxième service de Digger m'a plu. Et leur premier vinyle, Young, Tight and Alright (chez Beast Records, ces Rennais découvreurs de talents), est tout bonnement excellent.

Dur dur, de passer après eux... Les Sonic Chicken 4 sont en fait cinq, et je pense que c'est un problème. Pourquoi être cinq ? C'est trop nombreux. Ils gaspillent de l'énergie en coordination. Bon, je le reconnais, c'est une théorie sûrement très vaseuse, mais après avoir vu deux types qui dépotent juste à deux, on se demande pourquoi ils ont besoin d'être aussi nombreux... Oui, bon, d'accord, ça permet d'avoir plus d'instruments... Mais est-ce qu'on a besoin d'autant d'instruments ? A débattre. Ou pas. Plutôt pas, parce qu'on ne s'en sortira pas.

Bon, bref. Sonic Chicken 4. Je dirais que c'était bien, mais qu'ils auraient dû jouer en première partie. Pour la disponibilité de cervelles. Après Digger, j'avais plus envie. Mais s'il faut revoir les Sonic Chicken 4, je les reverrai, et j'écouterai mieux. Revenez s'il vous plaît. Je le promets j'écouterai cette fois-ci.


samedi 31 octobre 2009

Digger and the Pussycats

Vendredi soir, le duo australien Digger and the Pussycats s'est déchaîné sur la petite scène du Pit's, sous une tempête de bière. Sam et Andy, un duo guitare batterie, deux mecs d'une petite trentaine, assez charmants dans leur genre... Le genre "bons copains", qui racontent plein de blagues au ras des pâquerettes (style : "je vous préviens les filles, je ne me suis pas lavé les couilles depuis trois jours... On dit que la France est le pays du fromage, mais vous verrez, on peut aussi en avoir en Belgique").

Me fiant à l'appréciation de connaisseurs, je n'avais pas écouté leur myspace avant d'aller au concert, et j'ai bien fait. Ce qui sonne très post-punk teenage sur l'enregistrement est beaucoup mieux en live, sans que je sache vraiment ce qui fait la différence. Une énergie de dingue, et une bonne humeur apparemment inébranlable, même trempés, ça fait toujours plaisir à voir. Les chansons sont assez courtes, les paroles plutôt marrantes et les mélodies accrocheuses, pour ne pas dire catchy.
C'est peut-être un détail pour vous, mais le batteur jouait debout. A la fin du concert, il a tenté un coup à la Monotonix, en montant sur le bar, la batterie portée par le public, mais ledit public était bien trop énervé, et le bar beaucoup trop glissant, ça n'a pas duré deux minutes.

Enfin bref, c'était un bon concert. Pour tous ceux qui les ont raté, Digger and the Pussycats rejouent au Pit's le 17 novembre. D'ici là, celles qui ont couché avec Sam et Andy sauront si elles sont enceintes ou pas (une autre de leurs blagues).

mercredi 28 octobre 2009

Dunkerque Motorcycle Club

Jeudi dernier, il y avait les Lords of Altamont aux 4 écluses à Dunkerque, avec V-Cious en première partie... Je n'étais jamais allée au 4 écluses et la salle m'a plu. Ça ressemble un peu à une salle de sport, en plus petit, mais c'est assez chouette, le son est pas mal, la taille est humaine, les gens sont sympas (la bière est bio, mais plate, nobody's perfect).

V-Cious... ben j'ai pas aimé, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais j'ai bien rigolé. Hard-rock français dans toute sa splendeur. Ou métal mélodique. Les V-Cious font du Trust, en plus propre. Avec un chanteur qui copie à fond le phrasé de Bernie Bonvoisin. Rappelez-vous comment il disait "antisocial tu perds ton sang-froid". Transposez ça sur une phrase comme "Bonsoir les 4 écluses ! Ça va ?" Le rendu est intéressant.
Bon, en tout cas, V-Cious n'avait musicalement pas grand rapport avec les Lords of Altamont, mais il paraît que ce sont eux qui organisaient la tournée, alors du coup, pas le choix, ils jouaient en première partie. Ça montre au moins qu'ils ont des bons côtés.

Plus garage, plus moto, plus bad boys, plus plus plus : the Lords of Altamont ! C'était la première fois que je les voyais dans de bonnes conditions, et ça valait vraiment le coup. Petit problème technique au début, on n'entendait pas le chanteur. Mais ça déchirait bien. Ils ont un bon son, brut, sexy, et cracra comme il faut. Derrière eux, les bikers les plus célèbres défilaient sur un écran. Des extraits de l'Equipée Sauvage, Easy Rider, entre autres (peut-être bien des images de Chips, la série télé). Des films plutôt genre road-movie que compétition. Parce que faire de la moto pour aller d'un point A à un point B, c'est mieux que de tourner sur un circuit comme un con. En tout cas, en fond d'écran pour le concert, ça donnait un visuel dynamique et exaltant, d'autant que la musique était à la hauteur (c'est vrai que sinon, ça aurait été bien ridicule).

Pour les infos chiffrées, il y a eu deux rappels. Jake Cavaliere (le chanteur) s'est cassé une ou trois dents le jours même. Dunkerque est à environ 76 km de Lille. Et on se demande pourquoi les Lords ne passent jamais à Lille.

lundi 19 octobre 2009

Kap Bambino

Fin septembre, petit week end à Hambourg, par hasard au moment du Reeperbahn Festival. La Reeperbahn, c'est une rue du quartier St Pauli, et c'est un peu Pigalle. Des bordels, des bars à strip-tease, des sex-shops, des théâtres et des music-halls... et aussi, plein de bons bars rock, où ont lieu les concerts. L'ambiance sur la Reeperbahn est vraiment très étrange, entre glauque et potache, mais là n'est pas le sujet.
Malgré une programmation décevante pour le samedi soir (beaucoup de jeunes groupes allemands, pas terribles) et un prix excessif (32€ par personne), le Reeperbahn Festival nous a donné l'occasion de rentrer dans de nombreux bars, et force est de constater qu'à Hambourg, il y a de quoi faire. On a sauté de bar en bar, tous très chouettes... Kaiserkeller, Molotow, Hasenschaukel... mais je désespérais de trouver une ambiance un peu rock'n roll, quand tout ne me semblait que pop, pop, pop... chiant et statique. Et puis vers minuit, enfin un bon concert : Kap Bambino au Prinzenbar.

C'est complètement dingue : il faut aller voir de l'électro pour trouver une vraie énergie rock'n roll !

Kap Bambino, c'est un mec aux machines et une nana au chant. Et la nana, quelle nana ! Une toute petite blonde platine, menue, avec une robe de grand-mère rendue sexy en diable, les yeux ultra-maquillés, et une énergie de malade. Elle saute dans tous les sens, se roule par terre, se tape presque la tête contre les murs, saute dans le public et huuuurle dans son micro. Il y avait cinq gars de la sécurité pour l'encadrer, et ils étaient débordés, entre les assauts du public, et ce petit bout de nana qui leur grimpait sur les épaules sans prévenir. Pendant ce temps là, le mec fait son truc aux machines, il pousse des boutons et tire des manettes, caché derrière ses cheveux.
La musique, j'en sais rien, c'est une espèce de gros son électro-punk, un peu hard-core, plutôt rapide. Pas forcément quelque chose à écouter chez soi, c'est plutôt le côté performance qui m'a plu et ça m'a fait du bien, à ce moment précis, de voir un truc qui dépotait comme ça.

Seul bon concert vu à Hambourg ce week-end là... Mais je compte bien y retourner pour vérifier encore une fois la réputation de la ville.

dimanche 18 octobre 2009

Charlie Megira and the Modern Dance Club


Hier soir, il y avait Charlie Megira and the Modern Dance Club au Pit's, avec en première partie Chukamuck.

J'ai une théorie sur les jeunes groupes de rock allemands (qui marche aussi pour certains vieux groupes) : arrogants, bons techniciens mais mauvais créatifs. Les chanteurs sont souvent nuls (pas de voix, un charisme qui se la joue poète maudit). Le jeu est carré mais lourdingue.
Les Chukamuck sont allemands, ils ont entre seize et dix-huit ans, à tout casser, et viennent contre-balancer ma théorie. Ils ne savent pas jouer, ils sont tous timides quand il s'agit de parler au public, ils ne se la pètent pas, et ils ne jouent pas comme s'ils étaient le back-band de Bruce Springsteen. Ils font une espèce de punk rock très léger (léger, hein), super énergique, de base, qui marche bien. On n'en retiendra pas grand-chose, mais sur le moment, ça passe bien. Et il paraît que leur premier disque a été produit par King Khan...

Je n'ai pas de théorie sur les groupes de rock israéliens. C'est donc avec un esprit (presque) neuf que j'ai découvert Charlie Megira and the Modern Dance Club. J'avais lu le descriptif dithyrambique sur Charlie Megira, et j'étais plutôt amusée et sceptique.
Je ne dirais donc pas que Charlie Megira est une comète, mais son groupe assure. Une belle galerie de portraits, déjà. La batteuse, Mimi Shanel, "attention les filles, y'a de la robe de princesse !", est fantastique ("elle est trop belle, ses cheveux bougent dans tous les sens"). La bassiste, The Dead Girl, est à faire peur ("belles jambes pour un mec, mais sale gueule pour une fille"), aussi dark que la batteuse est blonde. Elle semblait bien excédée par la qualité du son. Ou par autre chose, je ne sais pas. Mais elle n'avait pas l'air content. Le guitariste cultive l'art de la moustache. Et Charlie Megira, chanteur et guitariste, a une dentition improbable, mais pas de voix. C'est con pour un chanteur.
Le son était catastrophique, une vraie bouillie. En même temps, c'est du garage. Mais n'empêche, on aurait bien aimé distinguer juste un peu plus la guitare. Mais quand on va au Pit's, on sait que ça sera Lo-Fi, de toute façon.
Tout ce que je dis peut sembler négatif, mais pas du tout ! C'était un chouette concert ! Charlie Megira and The Modern Dance Club ont une bonne énergie, un son assez lourd mais pas trop, sauvage et agressif juste ce qu'il faut. Le chant n'a pas une grande place dans les morceaux (et heureusement, parce que Charlie ne pourrait pas donner grand chose). Ils sont surtout instrumentaux et ça marche bien comme ça. J'ai plusieurs fois pensé aux Cramps pendant le concert. De loin, peut-être, mais un peu quand même.
Peut-être, un jour, Charlie Megira and the Modern Dance Club pourra arriver à l'heure pour faire sa balance, et se payer un ingé son. Ou bien jouer dans des salles avec un meilleur matos. Et alors là, ça pourra tout déchirer. Mais peut-être pas. Et ça fait rien, parce que c'est déjà fun comme ça.

vendredi 16 octobre 2009

Pop folk européenne

Hier soir, 260 km aller-retour pour aller voir un concert chiant comme la pluie à la Lune des Pirates à Amiens. Les Young Gods, avec en première partie H-Burns.

C'était pas nul, c'était pas mal joué, c'était pas de la mauvaise musique, mais diable, quel ennui. En musique de fond pour lire un bon roman, ça aurait été super.

H-Burns, c'est un petit gars avec une guitare sèche, un français qui chante en anglais. Il joue bien, il a une belle voix, ses chansons sont jolies. Et c'est à peu près tout ce que j'aurais à en dire. Musique folk sans surprise, mais sans déception non plus.

Les Young Gods sont beaux, ils sont suisses, et plus très jeunes. Ils ne sont pas très vieux non plus, mais pourtant, ils aiment montrer qu'ils se sont assagis, en ne faisant plus que des concerts acoustiques et en restant assis tout du long.

Bon, c'est un groupe culte, sans doute, je ne les ai jamais écoutés, tant pis pour moi, j'ai dû me contenter de leur retour, et je n'ai pas été conquise. Des morceaux à rallonge qui se veulent un peu trans, un peu kraut, un peu hommage à Suicide (reprise de Ghost Rider)... les fans de la première heure avaient l'air heureux... mais ça m'a surtout fait penser à de la pop belge, à du rock alter-mondialiste, écolo, droit, responsable.

C'était pas désagréable, loin de là, mais pas dérangeant non plus, ni remuant, ni exaltant. Ils ne m'ont pas donné envie de faire de la musique, ni de danser, ni de les suivre jusqu'au bout du monde, même pas de la nuit. J'étais même très impatiente de reprendre la route du retour, d'autant que des gendarmes nous attendaient pour nous verbaliser. Et ça, c'était peut-être le moment le plus rock'n roll de la soirée. Ça, et les frites dégueulasses chopées sur le bord de la route à l'aller.

dimanche 28 juin 2009

Eastern Spaghetti


L'autre soir, je suis allée voir Messer Chups à l'Aéronef.

Je les avais déjà vus en octobre 2007 à la Malterie. J'avais trouvé ça pas mal, mais pas top. Un mec à la guitare, une nana à la basse, une boîte à rythme et un écran derrière eux avec des films de série Z. Le son était moyen, l'ensemble plutôt chiant, un peu bidon, un peu froid, sans grand charisme, pas très au point. Mais il y avait un petit quelque chose qui me séduisait, peut-être dans la réverbe, peut-être dans les petits sons de cinéma, et ce surfabilly qui chatouille jusqu'au bout des doigts...

Donc, j'ai mis mes bottes, et hop, je suis retournée les voir.

La formation était un peu plus complète : Gitarkin, Zombie Girl, un batteur et un chanteur sur quelques titres. J'ai trouvé ça vachement mieux que l'autre fois. Un son hyper propre (c'est pas forcément une qualité, j'aime assez quand c'est crade), un léger abus de réverbe pour une musique qui résonne à mort, effet grands espaces assuré. Le tout avec un petit côté kitsch'n roll, des reprises un peu rigolotes et un grand sens du décorum.

Le chanteur a une belle voix d'outre tombe, il joue au méchant, mais il n'a pas un charisme énorme. Zombie Girl, pareil. On la voit, lookée à mort, hyper sexy, on se dit wahou. Mais malheureusement, elle n'a pas du tout l'air à l'aise ni avec son costume, ni avec sa basse. Elle porte bien son nom, elle est froide comme une tombe. Je suis plus excitée par des nanas moins plastiques, mais qui savent lâcher prise et donner vraiment quelque chose à leur public.

Chez Messer Chups, tout est contrôlé. Et ça en fait une musique d'ambiance. Ou, au mieux, de cinéma. C'est tout à fait agréable à entendre, mais j'aimerais vraiment voir ce que ça donnerait s'ils se laissaient un peu plus aller...


Découvrez Messer Chups!

vendredi 29 mai 2009

Leo(88man)

Trois groupes hier soir à la Malterie. Dans l'ordre d'apparition, Leo(88man), The Black Atlantic et Love of Everything.

Leo(88man), c'est un one-man-band lillois qui est devenu un duo de guitares, et qui a été rejoint par un batteur pour ce concert (Jason, un killer de la batterie, il faut le dire, et il faut le prononcer à la française).
Le ramage du chanteur est aussi beau que son plumage. Voire plus. Leo(88man) nous a offert un set très complet et varié, où chaque titre a sa propre identité (c'est rare). Un rock folk à la fois mélancolique et léger, teinté de petites incursions dans la country. Le parfait dosage entre le dur et le doux, comme une averse un soir d'été. Je recommande vivement une écoute sur leur page myspace. Quelques titres sont aussi en écoute sur leo88man.com.

The Black Atlantic m'a moins enthousiasmée. Un groupe hollandais, trois garçons et une fille, des musiciens plyvalents qui tournent sur les instruments. Beaucoup d'idées, beaucoup de sympathie, mais un son finalement très uniforme. La mélancolie de Black Atlantic est déprimante, alors qu'elle peut être si réjouissante. Tout les rend triste. C'est triste.

Le duo Love of Everything a cloturé la soirée un peu n'importe comment. Une fille à la batterie, un mec aux chant, guitare et machines. De grace. Faites quelque chose. Libérez nous de cet arty crap.
Oui, bon, j'exagère. Mais j'ai pas du tout accroché. Ils n'avaient pas l'air tellement au point, tous les deux. Le lo-fi, c'est bien. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas travailler. On ne peut pas toujours se cacher derrière sa loopstation.

Bon, allez, c'était une bonne soirée. Il faudra seulement qu'on m'explique pourquoi la salle était quasiment vide. Les gens seraient-ils restés chez eux pour écouter le concert d'Iggy Pop sur France Inter ? Naaaaan...

lundi 23 mars 2009

The Ex, Animal Collective, Jonathan Richman, etc

Conformément à la loi des mauvaises habitudes, j'ai encore pris du retard dans les chroniques de concerts.

La date limite de rapport est dépassée pour certains, et c'est tant mieux pour eux. Je regrette cependant ne pas avoir écrit un petit quelque chose pour The Jim Jones Revue, qui a joué au Grand Mix le 17 février. C'était vachement bien. Mais déjà loin.

Entre temps, il y a eu The Ex le 15 Mars au Grand Mix. Bon, The Ex, c'est bien connu, je suis super fan. Ayant entendu dire qu'il y avait un nouveau chanteur, j'avais quelques petites appréhensions. Mais en fait, il est très bien, ce petit gars. C'est légèrement plus mélodique, mais ça ne tombe pas pour autant dans la pop (contrairement à ce que disent certains).
En première partie, il y avait the Ililta Band, un groupe éthiopien. C'était pas mal, mais un peu chiant à la longue.

Pour continuer dans le rattrapage de chronique, il y a eu Animal Collective le 19 mars à l'Aéronef.
C'était comment... ? Pourri... ? On dit pourri ... ? Ben voilà, c'était pourri. Un son de merde, super bourrin. C'est dommage, parce que j'aime bien le côté foisonnant, les petits sons qui partent dans tous les sens, y'a plein d'idées. Mais le son était simplement atroce (mal réglé et beaucoup trop fort), comme souvent dans la grande salle de l'Aéronef. Je n'arrive pas à dire qu'Animal Collective est un groupe merdique, mais le concert, pour sûr, était horrible.
Et puis en première partie, un espèce de DJ complètement insipide.

Le 20 mars, pas contrariante, je suis retournée à l'Aéronef pour Jonathan Richman, avec la quasi assurance d'un concert réussi. La scène se passait au Club, la petite salle au fond à droite (près des toilettes).
Pour bien nous faire poireauter, on nous a mis non pas une, mais deux premières parties. Tout au début, Sammy Decoster. Un gars du nord. Et ben, j'ai peine à le dire, mais son set était meilleur que celui de Jonathan Richman. Un duo guitare contrebasse, des textes assez beaux, une voix chaude et profonde. Ma foi, ça passe pas mal du tout. Je connaissais la chanson Tucumcari qui passe à la radio (player en bas d'article). Mais le son live est beaucoup plus rock (et donc beaucoup moins pop) que les morceaux album, ce qui n'est pas pour me déplaire. Une bonne découverte.


Bon. La deuxième première partie. Aïe aïe aïe. C'était la gente Susanne Piesker, une néo-Joan Baez, qui chante à la bougie, en s'accompagnant de son piano ou de sa guitare, avec une voix, disons, fluette. Jusque là, rien à dire, pourquoi pas, certaines en ont fait leur gagne-pain. Elle fait d'ailleurs toute la tournée de Jonathan Richman, c'est qu'elle doit bien plaire à quelqu'un. Le problème, c'est que Susanne a eu la mauvaise idée de faire la traduction simultanée de ses chansons en allemand. Ça nous fait une phrase en allemand avec musique, break, une phrase en français, une phrase en allemand avec musique, break, une phrase en français, etc. Alors certes, c'est pratique, on comprend tout, c'est la méthode assimil en chanson. Et ça lui a peut-être permis d'avoir une bourse du Goethe Institut ou de l'Amitié Franco-Allemande. Le problème, c'est que musicalement, putain, c'est CHIANT. Le rythme est cassé toutes les deux phrases, et on a juste envie de sortir fumer une clope en attendant Jonathan Richman. C'est ce qui s'est passé.

Quand fut enfin venu le moment d'admirer l'idole, l'heure était à la démystification. Jonathan, tant aimé, n'est comme qui dirait pas une bête de scène. J'ai entendu dire, dans le public, qu'il devait être un killer de studio. Oui. Sûrement. Parce que la scène, pardon, mais c'était sacrément chiant. Il nous a aussi fait le coup de la méthode assimil, espagnol et anglais. Respect. Et il a aussi chanté quelques chansons en français, avec des textes assez proches d'une traduction google. Alors bon, les mots, on s'en balance un peu, si la musique en balance. Mais là, la musique... Ben c'était pas trop ça. C'était mou. Les chansons étaient systématiquement démembrées. Avec de longs breaks de guitare acoustique. Ça m'a rappelé un concert d'Enrico Macias (oui, je l'ai vu en concert avec le lycée. J'aurais accepté n'importe quoi pour sortir un peu).

En regardant des vidéos de Jonathan Richman le lendemain du concert, j'ai compris qu'il lui manquait un accessoire à l'Aéronef : un deuxième micro pour sa guitare. Il faut le voir chanter "I was dancing in the lesbian bar" sur scène. Il chante une phrase ou deux, puis il dit "guitar" et il se met sur le côté et fait un solo de guitare en se déhanchant comme pas permis. Sauf qu'à l'Aéro, dès qu'il se mettait sur le côté, on n'entendait plus la guitare. Alors ça cassait un peu le rythme à chaque fois.

Bon. En conclusion, j'ai été plutôt déçue par le set de Jonathan Richman. Mais c'est bizarre, je n'arrive pas à lui en vouloir. Je l'aime toujours autant. Il fait plus barde ou amuseur public que rock star, mais ça reste une figure sympathique. Seulement, la prochaine fois qu'il passera dans ma ville, j'achèterai un de ses disques, pas une place de concert.



Découvrez Sammy Decoster!