vendredi 29 mai 2009

Leo(88man)

Trois groupes hier soir à la Malterie. Dans l'ordre d'apparition, Leo(88man), The Black Atlantic et Love of Everything.

Leo(88man), c'est un one-man-band lillois qui est devenu un duo de guitares, et qui a été rejoint par un batteur pour ce concert (Jason, un killer de la batterie, il faut le dire, et il faut le prononcer à la française).
Le ramage du chanteur est aussi beau que son plumage. Voire plus. Leo(88man) nous a offert un set très complet et varié, où chaque titre a sa propre identité (c'est rare). Un rock folk à la fois mélancolique et léger, teinté de petites incursions dans la country. Le parfait dosage entre le dur et le doux, comme une averse un soir d'été. Je recommande vivement une écoute sur leur page myspace. Quelques titres sont aussi en écoute sur leo88man.com.

The Black Atlantic m'a moins enthousiasmée. Un groupe hollandais, trois garçons et une fille, des musiciens plyvalents qui tournent sur les instruments. Beaucoup d'idées, beaucoup de sympathie, mais un son finalement très uniforme. La mélancolie de Black Atlantic est déprimante, alors qu'elle peut être si réjouissante. Tout les rend triste. C'est triste.

Le duo Love of Everything a cloturé la soirée un peu n'importe comment. Une fille à la batterie, un mec aux chant, guitare et machines. De grace. Faites quelque chose. Libérez nous de cet arty crap.
Oui, bon, j'exagère. Mais j'ai pas du tout accroché. Ils n'avaient pas l'air tellement au point, tous les deux. Le lo-fi, c'est bien. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas travailler. On ne peut pas toujours se cacher derrière sa loopstation.

Bon, allez, c'était une bonne soirée. Il faudra seulement qu'on m'explique pourquoi la salle était quasiment vide. Les gens seraient-ils restés chez eux pour écouter le concert d'Iggy Pop sur France Inter ? Naaaaan...

lundi 23 mars 2009

The Ex, Animal Collective, Jonathan Richman, etc

Conformément à la loi des mauvaises habitudes, j'ai encore pris du retard dans les chroniques de concerts.

La date limite de rapport est dépassée pour certains, et c'est tant mieux pour eux. Je regrette cependant ne pas avoir écrit un petit quelque chose pour The Jim Jones Revue, qui a joué au Grand Mix le 17 février. C'était vachement bien. Mais déjà loin.

Entre temps, il y a eu The Ex le 15 Mars au Grand Mix. Bon, The Ex, c'est bien connu, je suis super fan. Ayant entendu dire qu'il y avait un nouveau chanteur, j'avais quelques petites appréhensions. Mais en fait, il est très bien, ce petit gars. C'est légèrement plus mélodique, mais ça ne tombe pas pour autant dans la pop (contrairement à ce que disent certains).
En première partie, il y avait the Ililta Band, un groupe éthiopien. C'était pas mal, mais un peu chiant à la longue.

Pour continuer dans le rattrapage de chronique, il y a eu Animal Collective le 19 mars à l'Aéronef.
C'était comment... ? Pourri... ? On dit pourri ... ? Ben voilà, c'était pourri. Un son de merde, super bourrin. C'est dommage, parce que j'aime bien le côté foisonnant, les petits sons qui partent dans tous les sens, y'a plein d'idées. Mais le son était simplement atroce (mal réglé et beaucoup trop fort), comme souvent dans la grande salle de l'Aéronef. Je n'arrive pas à dire qu'Animal Collective est un groupe merdique, mais le concert, pour sûr, était horrible.
Et puis en première partie, un espèce de DJ complètement insipide.

Le 20 mars, pas contrariante, je suis retournée à l'Aéronef pour Jonathan Richman, avec la quasi assurance d'un concert réussi. La scène se passait au Club, la petite salle au fond à droite (près des toilettes).
Pour bien nous faire poireauter, on nous a mis non pas une, mais deux premières parties. Tout au début, Sammy Decoster. Un gars du nord. Et ben, j'ai peine à le dire, mais son set était meilleur que celui de Jonathan Richman. Un duo guitare contrebasse, des textes assez beaux, une voix chaude et profonde. Ma foi, ça passe pas mal du tout. Je connaissais la chanson Tucumcari qui passe à la radio (player en bas d'article). Mais le son live est beaucoup plus rock (et donc beaucoup moins pop) que les morceaux album, ce qui n'est pas pour me déplaire. Une bonne découverte.


Bon. La deuxième première partie. Aïe aïe aïe. C'était la gente Susanne Piesker, une néo-Joan Baez, qui chante à la bougie, en s'accompagnant de son piano ou de sa guitare, avec une voix, disons, fluette. Jusque là, rien à dire, pourquoi pas, certaines en ont fait leur gagne-pain. Elle fait d'ailleurs toute la tournée de Jonathan Richman, c'est qu'elle doit bien plaire à quelqu'un. Le problème, c'est que Susanne a eu la mauvaise idée de faire la traduction simultanée de ses chansons en allemand. Ça nous fait une phrase en allemand avec musique, break, une phrase en français, une phrase en allemand avec musique, break, une phrase en français, etc. Alors certes, c'est pratique, on comprend tout, c'est la méthode assimil en chanson. Et ça lui a peut-être permis d'avoir une bourse du Goethe Institut ou de l'Amitié Franco-Allemande. Le problème, c'est que musicalement, putain, c'est CHIANT. Le rythme est cassé toutes les deux phrases, et on a juste envie de sortir fumer une clope en attendant Jonathan Richman. C'est ce qui s'est passé.

Quand fut enfin venu le moment d'admirer l'idole, l'heure était à la démystification. Jonathan, tant aimé, n'est comme qui dirait pas une bête de scène. J'ai entendu dire, dans le public, qu'il devait être un killer de studio. Oui. Sûrement. Parce que la scène, pardon, mais c'était sacrément chiant. Il nous a aussi fait le coup de la méthode assimil, espagnol et anglais. Respect. Et il a aussi chanté quelques chansons en français, avec des textes assez proches d'une traduction google. Alors bon, les mots, on s'en balance un peu, si la musique en balance. Mais là, la musique... Ben c'était pas trop ça. C'était mou. Les chansons étaient systématiquement démembrées. Avec de longs breaks de guitare acoustique. Ça m'a rappelé un concert d'Enrico Macias (oui, je l'ai vu en concert avec le lycée. J'aurais accepté n'importe quoi pour sortir un peu).

En regardant des vidéos de Jonathan Richman le lendemain du concert, j'ai compris qu'il lui manquait un accessoire à l'Aéronef : un deuxième micro pour sa guitare. Il faut le voir chanter "I was dancing in the lesbian bar" sur scène. Il chante une phrase ou deux, puis il dit "guitar" et il se met sur le côté et fait un solo de guitare en se déhanchant comme pas permis. Sauf qu'à l'Aéro, dès qu'il se mettait sur le côté, on n'entendait plus la guitare. Alors ça cassait un peu le rythme à chaque fois.

Bon. En conclusion, j'ai été plutôt déçue par le set de Jonathan Richman. Mais c'est bizarre, je n'arrive pas à lui en vouloir. Je l'aime toujours autant. Il fait plus barde ou amuseur public que rock star, mais ça reste une figure sympathique. Seulement, la prochaine fois qu'il passera dans ma ville, j'achèterai un de ses disques, pas une place de concert.



Découvrez Sammy Decoster!



lundi 2 février 2009

Voodoo Rhythm's not (yet) dead

AU SECOURS ! Le fabuleux label suisse Voodoo Rhythm est en danger de mort. Ici, un article en allemand, où il est dit, en gros, que la SUISA (SACEM suisse) réclame plusieurs dizaines de milliers d'euros au Reverend Beat-Man, patron du label.

Un appel aux dons a été lancé.

Cette histoire est assez ridicule. La SUISA réclame cet argent pour payer les groupes, qui eux-mêmes n'en veulent pas, connaissant la situation difficile de ce tout petit label, qui n'hésite pas à prendre des risques pour des groupes qui ne pourraient pas produire de disques ailleurs. Bref. L'administration, à la base inventée pour rendre service aux gens, sert encore une fois à leur rendre la vie impossible.

samedi 31 janvier 2009

Glam Bisounours

Hier soir, il y avait Of Montreal et Casiokids à l'Aéronef.

J'étais d'excellente humeur (c'est exceptionnel). C'est pourquoi j'ai accueilli avec joie le set de Casiokids, une petite bande de norvégiens, où on retrouve Bisounours Vert, Bisounours Orange, Bisounours Jaune, etc. Ils sautent dans tous les sens et font une espèce de pop électro rock. Comme pour la liste des ingrédients sur un emballage alimentaire, le composant principal est mis en premier. J'aurais même pu mettre "pop, électro, rock (arôme artificiel à base de guitare électrique et de batterie). Peut comporter des traces de lait."
C'était donc un set joyeux et sautillant, avec des sons aigus qui partent dans tous les sens. Quand on est de bonne humeur, ça passe sacrément bien.
Bon, et puis, grâce à eux, je peux rayer une question de ma liste des mystères non-élucidés. Quand j'avais cinq ou six ans, mon père nous avait offert, à mon frère et moi, un petit synthé. Il y avait plusieurs modes, qui, activés, modifiaient le son quand on appuyait sur les touches (j'explique pour ceux qui connaissent pas). Il y en avait un ou deux qui s'appelaient, me semble-t-il, "voice". Et ça faisait vraiment un son tout pourri. Je me demandais vraiment ce qu'on pouvait faire avec ça.
Et bien les Casiokids l'utilisent avec brio.
Plus que deux à trois cent mille mystères à élucider.

Après ça, il y a eu Of Montreal. Les dix premières minutes, j'étais enthousiaste. Ils étaient bien drôles avec leurs costumes. Et puis il y avait une petite bande qui mettait l'ambiance sur scène, à faire un peu n'importe quoi avec des costumes loufoques. Mais bon, le son était méga pourri, super agressif, beaucoup trop aigu. Les chansons, qui se voulaient apparemment un peu glam et malsaines, étaient juste mièvres. Bref. la musique ne valait pas tout ce remue-ménage, qui n'avait l'air d'être là que pour faire diversion. C'est efficace le temps d'un clip, mais pour tout un concert, c'est un peu long.
Donc, voilà, un petit tour au bar, et puis retour dans la salle à la fin du concert, pour voir un nuage de plumes d'oie, soufflé par des mecs à masques de cochons. Un peu trop club dorothée pour le coup. Mais c'était peut-être les musclés qui se cachaient sous ces masques.

Allez, assez de références de merde pour aujourd'hui. Le prochain concert sera plus rock'n roll, du moins je l'espère.


jeudi 1 janvier 2009

Bonne année deux mille neuve !

En ce début d'année, que je vous souhaite radieuse, voici une petite sélection des concerts à venir autour de Lille dans les mois qui viennent :

23 janvier : Afrojaws / Genjini / Naive New Beaters à l'Aéronef
24 janvier : Théo Hakola à la Cave aux Poètes.
11 février : Black Lips à l'Aéronef
17 février : The Jim Jones Revue au Grand Mix dans le cadre des Nuits de l'Alligator
15 mars : The Ex au Grand Mix avec The Ililta Band
20 Mars : Jonathan Richman à l'Aéronef

Je ne connais pas tout, mais je sens qu'on va bien s'amuser.

Bon, j'ai pas raconté tous les concerts que j'ai vus récemment. Rien à voir avec les bonnes résolutions, c'est juste que là, j'ai le temps, alors j'y vais (vite fait quand même):

Le 26 Novembre à la Maison Folie de Wazemmes, il y avait un concert des groupes de la Marmitte.
Pour commencer, La Jonction. Je ne suis pas fan de hip hop, mais j'ai été super impressionnée par le show. Cinq petits mecs qui ne payent pas de mine, mais qui dépotent.
Après, il a eu Narrow Terence. J'ai trouvé ça pas mal au départ, et puis j'ai vite trouvé ça chiant. En fait, ce qui m'a énervée, c'est quand le chanteur-batteur s'est lancé dans un truc qui me paraissait être une imitation de Tom Waits. C'est sûr, c'était bien fait, mais bon. Si je veux écouter Tom Waits, j'écoute Tom Waits, pas Narrow Terence. J'ai été aussi énervée par une espèce de glorification de l'alcoolisme. Enfin bon, ça c'est personnel, ça n'a rien à voir avec la musique.
Après ça, je suis partie, j'en avais marre.

Le 29 Novembre, il y avait entre autres Mouse on Mars au Tri Postal, dans le cadre du festival du court métrage (je ne vois pas le rapport, m'enfin).
Contre toute attente, il n'y avait pas grand monde. Ils ont apparemment oublié de faire la com'.
Alors, Mouse en Mars, c'était vraiment bien, mais que dire ? Deux beaux gosses qui tripotent des boutons en secouant vaguement la tête. Je n'ai aucun souvenir de la musique, mais je sais que j'ai dansé tout le temps. Bon, c'était bien, quoi.

Le 4 décembre, j'ai vu Ramsay Midwood et Giant Sand à l'Aéronef.
Au départ, j'y allais pour voir Ramsay Midwood. Je l'avais vu en février faire la première partie d'André Williams, et j'avais beaucoup aimé. Là, même avis. Un bon moment. C'était pas tout à fait pareil, puisque les musiciens de Giant Sand se sont joints à lui progressivement. Un guitariste, un contrebassiste, un pianiste et un batteur. Mais c'est quand même dans la version la plus brute (guitare / batterie) que j'ai pris le plus de plaisir.
Après Ramsay Midwood, le chanteur/pianiste/etc de Giant Sant, Howe Gelb, s'est pointé et a introduit une jeune chanteuse sur scène. Malheureusement, j'ai oublié son nom, mais elle était très touchante, avec une super voix.
Juste après elle, Howe Gelb a introduit une autre chanteuse, beaucoup plus énervante. Quand elle chantait, elle prenait une voix et une attitude qui disait "pardon pardon, je ne suis qu'une pauvre petite blonde qui ne sait pas ce qu'elle fait, gna gna gna". Ce truc de la femme enfant, ça me gave. C'est bon, t'es une bombe, t'as mis ta robe argentée, alors assume, soit une femme. Enfin, sa voix, son chant, je trouvais ça chiant de chez chiant, mais apparemment, son style plaisait, puisque ça sifflait dans la salle dès qu'elle arrivait sur scène (le style bebête, ça plait, on dirait).
Enfin, Giant Sand a joué. Bon. Je peux le dire ? C'était chiant aussi. C'était de la belle musique mais... un peu trop jazzy pour moi. Et puis, Howe Gelb, il est plutôt lourd dans son style crooner-à-la-voix-chaude-un-peu-cassée. Il a tout le temps l'air de dire "Are you feeling lonely tonight ?" Avec sa nunuche blonde, c'était un duo parfait, c'est certain.
Enfin bon, dans l'ensemble, c'était quand même une bonne soirée.

Pour terminer, le 19 décembre, il y avait le Club Sandwich à la Malterie. C'est le fameux rendez-vous de fin d'année, où un musicien est invité à en inviter plein d'autres pour faire ce qu'ils veulent.
Bon, j'étais un peu distraite, parce que je fêtais autre chose en même temps, alors j'ai un peu tout raté. Et en plus, comme j'aime pas le jazz et qu'il y en avait beaucoup, je ne vais pas en parler.
J'ai beaucoup aimé Martin Granger et Antoine Defoort, pour leur prestation très drôle et débile et vraiment bien chantée (c'est fort, quand même, de faire des chansons aussi connes et aussi bien chantées).
Et puis aussi, j'ai bien aimé Pan Pan : Barnabé Mons (alias Weissmuller) et sa belle (J'ai essayé de retrouver son nom, mais tapez pan pan dans google, et vous verrez que ça ne donne rien. Avec pan pan et club sandwich, on peut retrouver la recette du pan bagnat, mais ça n'aide pas).
On peut le dire, c'était le set le plus rock'n roll du club sandwich. Ils portaient des combinaisons moulantes de couleur chair, qui laissaient croire aux myopes qu'ils étaient nus (ça crée une petite émotion, tout de même !). Le duo guitare (ou basse ? je ne sais plus) / batterie fonctionne bien, très énergique. Après, je ne sais pas s'il était vraiment nécessaire de faire une chanson sur le trou du cul de Brad Pitt... mais bon, admettons.

Voilà. C'est tout ce que j'ai vu fin 2008. Pas grand chose. Mais c'est de ma faute, j'ai raté plein de concerts, j'étais fatiguée. J'espère que ça ira mieux cette année.

dimanche 16 novembre 2008

Mets tes badges de Fives


Hier soir, il y avait bal jerk à Fives avec Sheetah et les Weissmuller. Une folle soirée, une chaude ambiance, j'en ai les jambes toutes endolories.

Au tout début de la soirée, nous avons eu droit à une initiation au jerk. Pas vraiment nécessaire pour mes acolytes fivois et moi, qui fréquentons depuis des années la piste à la poussière d'étoiles de la grange de Gouy, où le rock psychédélique et la compile Wizzz ne manquent jamais au rendez-vous.
Le bal s'est ensuite ouvert comme il se doit, avec des disques fort à propos, une boule à facettes géante et un écran presque aussi géant qui montrait des clips et des extraits de films drôles et sexy, avec des chorégraphies parfois fort suggestives.
La salle s'est petit à petit remplie des gens du quartier et d'ailleurs, un joyeux mélange. A ce moment là, je n'ai pas compris ce qu'il se passait. La musique s'est arrêtée, un fakir est arrivé après un long moment (que je n'oserais qualifier de suspens incroyable). Il s'agissait du célèbre Jean-Pierre Franky, fakir de l'impossible. Célèbre pour mes voisins de table, en tout cas, parce que moi, j'ai pas la télé. Et puis bon, je vais encore passer pour la snob de service, mais j'ai du mal à être fascinée par un gars qui mange des lames de rasoirs ("ces sacro-saintes lames z'à rasoir", disait-il) et des ampoules (à incandescence, si cela doit être précisé). Je suis d'accord, c'est une performance, c'est incroyable, sensationnel, fantastique, tout ça, mais vraiment, je m'en fous.
Alors je me suis vraiment emmerdée pendant le show, qui m'a paru interminable (je précise que cette appréciation ne regarde que moi, le public avait l'air conquis).
Enfin, je dois quand même dire que Jean-Pierre Franky, c'est un sacré punk. A l'heure où on s'emmerde presque tous à manger sainement, lui, il s'en tape, il bouffe des ampoules et du coton hydrophile. On peut les remballer nos cinq fruits et légumes bios et équitables, et arrêter de culpabiliser. Aux fuckirs le recyclage et la biodynamie.

Bon. Assez de conneries.

Après ça, il y a quand même eu le fabuleux concert de Sheetah et les Weissmuller. J'avoue que j'ai pensé à King Khan pour la mise en scène. J'avoue que je pense tous les jours un peu à King Khan. Alors je ne sais pas si ça compte.
Mais Barnabé Weissmuller, le chanteur, portait une espèce de turban de fakir, et une cape. Ça ne m'aurait pas étonnée outre mesure qu'il ait porté un sceptre. Peut-être en avait-il un d'ailleurs ? Je ne sais pas.
Bon, en tout cas, le concert était vraiment très très chouette, dans l'esprit seventies Wizzz avec des paroles un peu marrantes, un peu sexy, presque parodiques. Les musiciens étaient accompagnés par deux danseuses de charme, les Weissmullettes. Une énergie incroyable, une excellente ambiance dans la salle, bref, un grand moment. On peut écouter plusieurs titres de Sheetah et les Weissmuller ici. Le lecteur ci-dessous permet de se remettre en tête "Contact" par Brigitte Bardot, qui a été repris dans une version plus psyché pendant le concert, et c'est là que le chanteur était le plus à son avantage, ai-je trouvé.

Notons au passage qu'avant que je ne sache qui est Barnabé Weissmuller, ce gars était pour moi "le drôle de petit gars que je croise tout le temps dans les concerts de rock ou dans les braderies, à fouiller dans les bacs de disques". Cette bonne découverte musicale n'en devient que plus amusante.

Après le concert, il nous a fallu danser encore un peu sur les disques, histoire de nous calmer avant de rentrer à la maison. Vivement le prochain bal, en espérant qu'il soit de cette qualité.


Découvrez Brigitte Bardot!












jeudi 2 octobre 2008

Chris Garneau chez Guillaume

Hier soir, avec la complicité du Grand Mix, Chris Garneau a donné un concert chez Guillaume, le nouvel endroit à la mode.

Comme beaucoup de monde, je ne connaissais pas Chris Garneau. C'est pour ça que je répète encore une fois son nom. Chris Garneau.

Bien sûr, j'avais oublié mon appareil photo. Alors je me dois de décrire le concept et la situation. Le concept, tel que je l'interprète : le Grand Mix a été sollicité par le tourneur de Chris Garneau. Le Grand Mix a dit "ben ouais, c'est super, on adore, mais on ne remplira jamais une salle avec ça". Le tourneur a dit "bon ben, c'est sympa mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ? " Et alors le Grand Mix a dit "Bon ben, on n'a qu'à aller faire ça chez Guillaume, il sera content, il pourra inviter des filles." C'est ainsi que Guillaume nous a toutes invitées chez lui. Enfin, il y avait aussi des garçons, pour pas que ça fasse trop faux plan.

Alors Guillaume avait rangé son salon. Le canapé avait disparu, remplacé par un joli petit piano, tout rapé comme un vieux chapeau haut de forme. Au mur, une grande affiche de Michel François avec un rocher en double. Ça agrandissait l'espace, je ne vous dis que ça.

Bon bref. Voilà le topo. Autant dire que le lieu et l'ambiance correspondaient parfaitement à la musique. C'est clair que dans une grande salle, je n'aurais pas accroché. C'est une musique toute douce qui, je trouve, ne tolère pas le moindre chuchotement ni la moindre commande de bière au bar. C'était très joli et très émouvant, de voir ce petit bonhomme avec sa voix presque fragile nous raconter toutes ces histoires d'amour, de ruptures, de bébés.... Genre pour faire pleurer les filles, quoi.

Un type un peu looké intello new-yorkais, un piano, de la mélancolie en veux-tu en voilà, un petit sourire qui dit qu'on peut aussi en rire. C'était simple et efficace, dans un autre genre de ce que j'aime d'habitude, mais ça a bien marché aussi. J'avoue, sur le coup, j'ai dit "C'est joli, mais je n'écouterai pas ça chez moi." Et là, je suis en train d'écouter et bon, en fait, j'aime bien.

Alors voilà. Une bonne découverte pour cette rentrée. Merci à Guillaume, merci au Grand Mix et merci à Chris Garneau d'avoir risqué sa peau en venant à Fives, le Brooklyn de Lille.




Découvrez Chris Garneau!


mercredi 14 mai 2008

Electro (very) Cute


Jeudi dernier, il y avait Electrocute en concert à la Malterie.

Electrocute, c'est une américaine et une autrichienne, plus un barbu aux machines.

La première (et dernière) fois que je les avais vues, elles n'étaient que deux, avec une boîte à rythme assez proche du bon vieux radiocassette. C'était en 2004 au Mudd Club à Berlin, juste avant Boy From Brazil (le mari de l'une de ces dames). C'était un peu bancal, un peu trash, plutôt minimaliste, c'était bien.

Cette fois, je dirais que c'était plus complet. Un assortiment de sons beaucoup plus varié et des arrangements rigolos, genre synthé pour un effet twist.

Le groupe porte en tout cas bien son nom : c'est de l'electro vraiment très mignonne, pour les filles, quoi. Le look un peu manga de ces deux Alices - un peu trop belles pour être vraies - réhausse cet aspect gentil, mais tout n'est pas tout rose au Pays des Merveilles Electroniques, et une ombre perverse plane toujours sur la scène.

Un mélange subtil d'innocence et de vice.

Bon concert, donc.

lundi 12 mai 2008

jeudi 1 mai 2008

Margaret Bill Bloodshot Doll Rod



Hier soir au Pit's, il y avait Margaret Doll Rod et Bloodshot Bill.

Margaret est la chanteuse des Demolition Doll Rod, un excellent groupe malheureusement séparé depuis peu. Elle joue maintenant en solo, mais j'aurais bien du mal à parler de sa prestation, vu que nous sommes arrivés pour la dernière chanson, alors qu'il n'était même pas 21h.
Alors, je suis tentée de pousser un coup de gueule envers ce bar qui commence ses concerts trop tôt, mais bon, ça ne changera pas grand-chose (mais quand même, merde, quoi !).

Heureusement, Bloodshot Bill a été une bonne surprise. Apparemment, le public était là surtout pour lui, ce qui m'étonne pas mal, parce que Margaret Doll Rod, c'est une vraie pointure, mais bon, passons.
Bloodshot Bill, c'est un one-man-band (on va finir par croire que je me spécialise dans les one-man-bands...), dans un style plutôt hillbilly / rockabilly.
Un petit quelque chose d' Hasil Adkins, un soupçon de Reverend Beat Man, un répertoire vocal hétéroclite (du lalala-itou tyrolien au petit cri de vierge effarouchée à la Gene Vincent), un peigne pour se recoiffer la banane pendant les pauses... Bref.
Quelqu'un qui a plus d'un tour dans son sac pour nous faire passer un bon moment, et nous faire presque oublier qu'on est arrivé en retard... Un joli lot de consolation.

Par contre, là, je vais devoir râler un peu : je comprends qu'ils doivent respecter leur voisinage mais les sets sont vraiment trop courts au Pit's (en plus de commencer tôt). Etre rentré chez soi à 23h, c'est gentil, mais faut pas déconner, on n'est pas des rombières...

jeudi 17 avril 2008

I Log Bob













Jusqu’à hier soir, j’avais deux idoles : Reverend Beat Man et King Khan. Désormais, mon autel païen aura une troisième statuette, celle de Bob Log III. J’y sacrifierai chaque jour quelques gouttes de sueur, un verre de Jägermeister et un cheeseburger (ça, c’est pour King Khan).

Hier soir, ma vie a donc -un peu - changé, j’ai vu Bob Log III à la Cave aux Poètes de Roubaix.

En première partie, il y avait Dylan Municipal, dans un autre genre. Deux mecs, des jouets qui font du bruit (dont un camion de pompier qui dit « laisse-moi t’aider, je suis pompier, je suis un chien »), un ipod, une guitare, une caisse claire et des textes engagés (dans le parti d’en rire). « Jeune Dark, tu n’es pas Jeanne Darc », « Eduquons les Vieux », voilà un peu le type de messages codés qu’énonce Dylan Municipal dans la joie et la bonne humeur. Le projet est peut-être parti d’une blague, mais ça fonctionne. J’ai passé un bon moment.

Beaucoup plus brut de décoffrage, Bob Log III est arrivé. C’est indéniable, le costume joue pour beaucoup dans la présence de ce drôle d’homme orchestre. Avec son casque de moto argenté, combiné de téléphone intégré en guise de micro, et sa combinaison moulante noire (ben oui, la bleue devait être au pressing) ornée d’une ligne de petits carrés argentés le long des bras et des jambes, Bob Log n’a rien à envier à l’élégance d’un Claude François ou d’un Elvis de village.

Côté son, c’est un blues brut qui part dans tous les sens, parfois sur un rythme binaire, parfois sur une petite ambiance country bien dansante. C’est, certes, un peu répétitif, mais tellement énergique qu’on n’a pas le temps de se lasser pendant le set.


Simple et efficace, c'est comme ça que j'aime le rock'n roll.

samedi 5 avril 2008

Darwin's Nightmare

Projeté à l'Univers jeudi soir, le documentaire d'Hubert Sauper Le cauchemar de Darwin est le contraire de Juno. C’est horrible, c’est pessimiste, c’est une impasse de la globalisation… et c’est réel.

Le film traite du drame écologique et humanitaire autour du lac Victoria, en Tanzanie, berceau de l’humanité. La perche du Nil a été introduite dans ce lac et, en prédateur redoutable, elle décime toutes les autres espèces y vivant. Elle fait cependant le bonheur des usines de conditionnement de poisson qui se sont installées au bord du lac, et qui envoient tout en Europe. Les pêcheurs sont bien sûr payés une misère et la famine règne en Tanzanie, dans l’indifférence la plus totale des entrepreneurs locaux (entre autres).

Il y a des passages tout à fait monstrueux et de nombreux points douloureux sont abordés (livraison d’armes en provenance d’Europe, sida, prostitution, enfants des rues, etc.) mais je n’en dis pas plus… Un film traumatisant, à voir absolument.


Moi aussi !

Vendredi dernier, j'ai vu J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit.

La bande annonce faisait très envie, le film est encore mieux.

Un montage à la Jarmusch en 4 chapitres qui se recoupent ; une photo noir et blanc, légèrement floue ; de la chouette musique ; un super casting (Alain Bashung joue mal, mais passons) ; des personnages à la fois touchants, drôles et paumés ; des dialogues bien écrits…

Bref : une petite merveille.

dimanche 30 mars 2008

Repérages #2

Mercredi soir, les Repérages ont investi la Maison Folie de Wazemmes, avec 4 spectacles (une soirée un peu trop dense).

Pour commencer, Sold Out d'Eva Muilu (Finlande). Un one woman show comique, qui mêle danse, théâtre, vidéo et talk show, autour du thème de l'amour dans les médias. C'était assez marrant, avec quelques répliques bien placées. Mais je trouve que ça reste à hauteur d'un divertissement, on passe un bon moment mais ça ne marque pas plus que ça.

La performance suivante, par contre, m'a beaucoup impressionnée (c'est le spectacle que j'ai préféré de tout le festival) : We go, de Benjamin Vandewalle et Vincenzo Carta (Belgique).

Habillés de longues jupes brunes, deux hommes marchent en cercles. Le bruit de leur pas rapide - réglé comme un métronome - est la musique. Ils marchent, ils marchent, ils marchent. Le visage impassible. Sans un mot, sans un regard l’un pour l’autre, sans contact, mais unis dans leur façon de tourner, de se croiser, de ne jamais se toucher. Le bruit de leur pas cesse quand ils se mettent à tourner comme des soufis. Les pieds posés à plats glissent sur le sol, les bras levés à hauteur des épaules pour assurer l’équilibre. Ils tournent très rapidement sur eux-mêmes, un mouvement de transe pour celui qui l’accomplit, hypnotique pour celui qui regarde. A force de les regarder, on a l’impression qu’ils ne sont plus humains. Ils tournent tellement vite que c’est comme s’ils étaient plats. Le corps se disloque, les bras dessinent des demi-lunes ou s’enroulent autour du corps, les mains accrochées aux épaules. Ils tournent pendant un long moment, puis reprennent leur marche. Ça pourrait durer toujours. Mais ça se termine, comme ça a commencé, sans prévenir, ils nous tournent le dos et arrêtent de marcher.

Magnifique de simplicité et d'efficacité.



Après ça, il y a eu deux autres spectacles, mais je n'ai pas envie d'en parler parce qu'il ne m'ont pas spécialement touchée.






samedi 29 mars 2008

Repérages #1

Repérages, c'est le festival international de jeune chorégraphie qui a lieu cette semaine à Lille et Roubaix.

Je n'avais pas vu de danse depuis deux ou trois ans, alors c'était l'occasion de me rattraper. La dernière fois, c'était un spectacle de Maguy Marin, Umwelt je crois, à la Volksbühne de Berlin, et ça m'avait laissée perplexe. Cette expérience m'a cependant permis d'aborder la danse d'une autre façon : regarder les choses comme elles sont, au lieu de considérer ce qui nous est montré comme une étape dans un enchaînement narratif classique ; ne pas attendre de développement, mais profiter pleinement du moment présent (ah, si je savais appliquer cette sagesse à la vie dans son ensemble...).

L'ouverture des Repérages à eu lieu mardi à la Condition Publique de Roubaix, avec deux spectacles de la Cie Passerelle / Pol Coussement (Belgique).

En premier, Copy That. Le dispositif m'a plus intéressée que la chorégraphie en elle-même. Deux rectangles blancs sont posés sur l'avant de la scène, côté jardin. Ils font office de page, d'écran, et d'espace de jeu. Au fond (le plateau étant coupé, avec une profondeur d'environ 6 mètres), un écran blanc, du même format que ceux posés au sol.
Deux filles se placent chacune sur un rectangle au sol, et leur image est projetée sur l'écran du fond, à tour de rôle ou en même temps, avec des mises en scènes différentes selon les séquences.
Au début, c'est un petit dialogue sur Elvis sous forme de bande dessinée. Elles prennent des poses au sol, et leur image (en mouvement), additionnée d'une bulle, est projetée sur l'écran, après avoir été "photocopiée" (un rai de lumière verte balaye la scène, au doux son de la photocopieuse...). C'est tout bête, mais ingénieux, et ça fonctionne bien.
Alors après, il y a tout un jeu sur le modèle et sa copie, mais je n'ai pas le temps de tout raconter. C'était vraiment chouette à regarder.

Pour le spectacle suivant, on nous a fait aller dans une autre salle, qui était, soit disant, plus adaptée. Personne n'a compris, à vrai dire : on était très mal assis, on ne voyait que le haut du corps des danseuses, le bas étant noyé dans une mer de têtes. Mais avec un peu de recul (autre que le recul de la place que j'avais dans la salle), ça m'a paru plus clair.
Sur la scène, 5 danseuses, de dos (trois devant, deux un peu en arrière). En guise de musique, un ronflement qui évoque l'atterrissage d'une soucoupe volante, ponctué de "tut, tut, tut".

Le buste immobile, les danseuses bougent les bras dans tous les sens, dans des gestes rapides et répétitifs.

Le plateau est très sombre, et des ampoules oranges sont dirigées vers le public. Il faut se concentrer pour voir. A part le mouvement des bras, on a l’impression qu’il ne se passe rien et puis on se rend compte qu’elles ont pivoté vers la droite (comme quand on regarde en continu quelque chose qui se déplace très lentement (la lune, ou une plante qui pousse), et qu'on ne prend pas conscience du déplacement). Au bout d’un certain temps, elles sont face à nous. Les bras bougent toujours violemment, comme pour nous dire « allez ouste ! ».

Enfin, les bustes commencent à s’animer aussi, en des mouvements assez saccadés, des déhanchements rapides, ce qui doit être une délivrance énorme pour les danseuses après avoir dû bouger seulement les bras pendant aussi longtemps. Sur ce, de la musique classique retentit (genre, dans les films en costume, la musique pour une chevauchée dans la forêt), et là, c’est surtout pour nous, la délivrance. Ça dure quelques minutes, et puis des spots braqués sur le public s’allument sur le devant de la scène, plongeant les danseuses dans l'obscurité.

Magnifique.


Deux spectacles très différents pour cette première soirée, une très bonne ouverture de festival.

dimanche 23 mars 2008

Kick Out the Jam, Motherfuckers !

La soirée d'hier à la Malterie était consacrée à John Sinclair, poète et ancien manager du MC5.

J'y suis allée les mains dans les poches, sans rien attendre, parce que je n'avais rien de mieux à faire, et au final, je suis assez contente de cette découverte.

En première partie, projection d'un documentaire plutôt intéressant : Twenty to Life : The Life and Times of John Sinclair.

Ensuite, Sinclair himself a lu des textes sur de la musique improvisée (par Red, Jean Detremont et Laurent Rigaut). Comme toujours, j'ai eu du mal à être attentive à ce son. Je passe beaucoup de temps à observer les musiciens, leurs mouvements, leurs mimiques, je les dessine dans ma tête et j'oublie d'écouter.
Mais à un moment quand même, les gens rigolaient, et je me suis rendue compte que j'étais en train de rater quelque chose. Ce qui est dommage. Alors j'ai fait un petit effort pour écouter les textes, et c'était plutôt chouette.

Pour finir, il y a eu un arrachage d'oreilles par Medicine and Duty. C'était pas mal, mais pas top. Je trouve qu'ils ont de l'idée, de l'énergie, mais le cul entre deux chaises. Ils font à la fois du bruit et du dance floor limite hard-core, sans jamais vraiment se décider à aller à fond dans un sens ou dans l'autre, et à la fin, c'est surtout frustrant, et ça fait mal à la tête. Mais par contre, s'ils laissaient tomber leur truc expérimental (qui consiste à faire du larsen à la va-comme-j'te-pousse et à remplacer la guitare par une machine) pour assumer le côté dansant de leur musique, dans un truc électro punk hard-core bien binaire avec des montées satisfaisantes, alors je serais la première sur la piste.

Enfin, j'dis ça, ce n'est que mon avis, ils font ce qu'ils veulent.

mardi 18 mars 2008

Happy people...

C'est le printemps du cinéma. Avec un acolyte cinéphile du téléchargé, on en a profité pour voir deux films hier : Juno et Be Kind Rewind. Ils sont tous deux animés de tant de bons sentiments que s'en est presque insupportable, mais bon, passons, c'est peut-être mon humeur générale qui me rend sceptique.

Juno est un film sympa et gentil. Que dire d'autre ? Ça se laisse regarder, même si ça a un côté un peu chiant. Il n'y a pas de drame, il y a quelques larmes mais on sent tellement que tout va s'arranger qu'on n'a même pas le temps de compatir un peu. Ce qui est gênant, c'est que tout le monde est trop raisonnable : l'héroïne Juno, une fille enceinte de 16 ans, est la sagesse même, son père et sa belle-mère sont super, sa copine est super... bref, tout le monde est super (sauf son mec qui est un vrai glandu, mais bon, ça fait partie de l'individualité de Juno).
Bref. Je ne veux rien enlever à ce film, mais peut-être lui rajouter un peu de ressort dramatique. Par exemple :
- Juno change d'avis à la fin du film et ne donne plus son bébé à adopter.
- Les parents de Juno la renient et elle va vivre dans un foyer pour sans-abris où elle commence à fumer du crac.
- Juno tombe dans les escaliers au cinquième mois.
- Les parents adoptifs sont des vendeurs d'organes, le film se termine sur le dépeçage de l'enfant.
- Juno n'est pas enceinte de son meilleur copain, mais d'un vrai salaud (genre musicien).
- La copine de Juno ne veut plus lui parler parce que cela nuit à sa popularité.
- Juno attend non pas un, non pas deux, non pas trois, mais oui mesdames et messieurs, quatre enfants !

Après Juno, on a vu Be Kind Rewind de Michel Gondry. J'étais pas emballée au départ, j'ai bien rigolé au milieu, et j'ai pas aimé la fin. Ça suffit comme critique ?

Non, bon, sérieusement, c'est le genre de films, je me dis, c'est super, y'a des idées d'enfer, il faut qu'on se mette tous à faire du cinéma avec des morceaux de cartons, et à la fin, quand même, je me dis, mouais, en fait, à regarder, je m'en fous.
C'est un peu comme la musique improvisée, finalement. Ceux qui la font s'éclatent, les autres s'emmerdent. C'est le cinéma qui dit "Allez les copains, vous aussi, chez vous, faites du cinéma". Alors, ok, ouais, je vais en faire, mais je ne vais pas l'imposer aux autres, je ne vais pas filmer (putain, je suis nihiliste aujourd'hui...).

ps : bon, allez, je reviens sur mes propos : Tous ces gens qui s'éclatent, ils ont bien raison de le montrer aux autres et d'essayer d'en vivre, et je suis très admirative.


samedi 15 mars 2008

Live fast, die strong !


Hier soir, il y avait King Khan and His Sensational Shrines au Pit's à Courtrai. La salle d'environ vingt-cinq mètres carrés était pleine comme un oeuf, cuisson à l'étouffée garantie pour un savoureux plat vaudou, aux effets secondaires encore indéterminés.

King Khan a, comme toujours, offert un show sexy et survolté. Soutenu par son sceptre tiki au crâne rigolard, King Khan était cette fois vêtu très sobrement avec un casque à pointe, une chemise blanche à manches courtes (style colonial) et un jeans, sans oublier quelques colliers avec des dents et des crevettes. Les Shrines semblaient plutôt à l'étroit -les trois cuivres étaient serrés dans un coin, perchés sur une caisse- mais à l'aise et de bonne humeur.

Par contre, le set était plutôt court, et sans changement de costume en cours de route (pas de costume de maharadja...). Enfin, il y a peut-être eu un rappel, mais je n'ai pas trainé. J'ai eu, de toute façon, largement le temps de tremper mon t-shirt, et je suis ravie de ce concert.

jeudi 13 mars 2008

The Magnetix


Hier soir au Bar Live à Roubaix, il y avait the Magnetix, un duo chic et choc, batterie pour madame, guitare et chant pour monsieur.

On enlève tous les chichis et on ne garde que l'essentiel : un rock garage à flux tendu, une énergie débordante, des rythmes accrocheurs et la recette fait un effet d'enfer. On n'a même pas le temps de s'en rendre compte qu'on est déjà en train de balancer les jambes et les bras dans tous les sens.

Excellent set, merci au festival En Solo Ou Presque, qui a casé ce groupe fantastique dans son étrange programmation.

mercredi 12 mars 2008

Article improvisé

Vendredi 7 mars, j'étais à la Malterie. Il y avait trois groupes, mais pour une fois, je venais pour le tout premier : Potchuk. Ensuite, il y avait Mesa of the Lost Women et Marteau Rouge.

Comme je suis incapable de parler de musique improvisée, je ne vais raconter que des conneries sur ce concert. Que les puristes partent avant de se fâcher.

La prestation de Potchuk était bien différente de celle que j'ai eu la chance de voir à Gouy-en-Ternois en août 2007. Ils avaient des consignes bien précises (ils étaient invités par le Crime, ceci explique celà) : commencer à 21h et jouer une demi-heure. C'est ce qu'ils ont fait, en un seul morceau : La transmigration de William Lee. Un texte contestataire de et par Lucien Suel, sur du free jazz énervé. C'est passé tout seul.

Dans un registre tout à fait différent, Mesa of the Lost Women a joué juste après. A la trompette, Jac Berocal, qui, je l'appris ce soir-là, est une star du jazz français. Et bien j'ai rarement vu quelqu'un d'aussi malsain. Daniel Darc, à côté, c'est une fleur des champs. Je crois que le côté malsain était surjoué, mais il y avait quand même une grande part de naturel. En tout cas, je suis bien contente de l'avoir vu, c'était bien la première fois que je voyais quelqu'un avec des lunettes de soleil à la Malterie, c'est déjà quelque chose.
Enfin, Jac Berocal avait avec lui un batteur fort impressionnant, une espèce de machine de guerre dont le buste et le visage restaient presque immobiles tandis que ses bras bougeaient dans tous les sens à une vitesse incroyable. Il m'a rappelé une série télé qui passait sur Canal + quand j'avais 8 - 9 ans (début des années 90, donc). Je n'ai pas retrouvé le nom, mais c'était fait avec des poupées et ça parlait, me semble-t-il, de guerre, d'avions, etc. Bref, vers la fin du set, ce fameux batteur a commencé à balancer ses ustensiles de batterie à travers la salle, c'était très rigolo, surtout quand quelqu'un a crié "T'as raison, place aux jeunes !"

Après tout ça, j'avoue qu'il ne me restait plus beaucoup d'énergie sérieuse pour plus de musique improvisée.
Alors, quand Marteau Rouge a commencé à jouer, j'ai vraiment beaucoup rigolé. C'est quand même quelque chose, ces gens d'un certain âge qui font n'importe quoi avec leurs instruments devant tout le monde. J'imaginais mes parents en train de faire ça, et je trouvais ça très drôle.
Bon, comme au bout d'un moment, ça ne marchait plus, j'ai commencé à observer Jean-François Pauvros (une star de la musique improvisée, comme je l'appris également ce soir-là), qui est extrêmement bédégénique. Il a une coiffure à la Ramones, et comme il est très grand et se tient très mal, la plupart du temps, on ne voit dépasser que le bout de son nez. Sa gestuelle est très agréable à regarder quand il joue de la guitare. La géométrie de ses bras et ses épaules est tout à fait fameuse. J'ai regretté ne pas avoir amené de carnet de croquis.
Et puis vers la fin du set, il a un peu chanté... Quelle voix ! Magnifique. Grave, profonde, chaleureuse... Rien que pour ça, je suis contente d'avoir supporté ces longs moments de musique indansable.

Au final, dans l'ensemble, j'ai passé une très bonne soirée, et j'ai été très contente de croiser quelques personnes, qui se reconnaîtront. Alors merci au Crime de les avoir invitées.